La dynamisation du marché intérieur pour booster l’économie

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Il n’y a pas de doute, la priorité du gouvernement Benkirane est la relance de l’économie. L’emploi, le financement des services sociaux et des réformes profondes en dépendent. La mission s’annonce d’ores et déjà difficile, mais n’est pas impossible. L’orientation générale qui sera déclinée à l’occasion de l’investiture devant le Parlement, probablement au courant de la troisième semaine de janvier, s’attarde sur deux volets essentiels : l’accélération du déploiement des stratégies sectorielles en améliorant leur gouvernance et la dynamisation du marché intérieur. En empruntant cette voie, le gouvernement collera, sans aucun doute, aux conseils (ou recommandations) de Bank Al Maghrib. La banque centrale avait en effet et à plusieurs reprises, insisté sur le rôle grandissant de la consommation des ménages dans la croissance du PIB. Presque 3,5% de la croissance enregistrée ces dernières années émane du marché domestique. La valeur ajoutée des exportations demeure faible pour des raisons connues, notamment la faiblesse de l’offre exportable et la crise qui touche les marchés ciblés par le Maroc. Deux facteurs qui persistent en 2012 et 2013 et auront un impact conséquent sur la croissance des exportations. L’essentiel se fera donc localement.

Des investissements étrangers financés localement
L’unanimité est faite sur l’effet des stratégies sectorielles : étant complètement tournées vers l’export, certaines stratégies risquent de ne produire que des effets très limités en cette période de crise. En effet, les plans de développement sectoriels visent avant tout la croissance de l’offre exportable. C’est dans cette optique que le plan Emergence a vu le jour avec cette concentration sur les métiers mondiaux du Maroc. Les marchés cibles connaissent une crise sans précédent et le gouvernement Benkirane ne manquera pas de le rappeler lors de sa déclaration devant le Parlement.  Une façon d’annoncer la couleur sur la croissance à venir et ses possibilités limitées sur les deux prochaines années. Il n’en demeure pas moins qu’il reste des pistes sur lesquelles peuvent compter les ministres fraichement installés.
Par ailleurs, le Pacte national pour l’Emergence industrielle, visant le développement de cinq secteurs clés (offshoring, aéronautique, automobile, électronique, agroalimentaire, en plus de trois secteurs classiques comme le textile, le tourisme et l’artisanat) repose essentiellement sur l’investissement étranger. La stratégie mise en place consiste en la préparation d’espaces dédiés avec des services sur mesure et l’invitation des majors nationaux et internationaux à investir dans des métiers porteurs. Les nationaux étant en nombre très limité, les attentes des investissements étrangers sont grandes et vitales pour la création de l’emploi, le drainage des devises et la relance de la croissance. Sauf que la machine bloque chez les pays émetteurs des investissements souhaités. Et comme l’a souligné le nouveau ministre du Commerce, de l’industrie et des technologies de l’information, en s’adressant à son staff, «le Maroc a besoin d’investissement productif». Les témoins qui nous rapportent cette déclaration veulent souligner l’importance de l’investissement industriel. Une façon de dire qu’il ne suffit pas de comptabiliser les investissements drainés, mais leur qualité. Pour illustrer leurs arguments ils rappellent le cas de Renault à Tanger. Le constructeur automobile français a été confronté à la crise et ne doit son projet au Maroc qu’à l’implication des institutions financières marocaines, surtout la Caisse de dépôt et de gestion. Le même schéma est attendu pour l’extension de la Somaca, un dossier qui était en négociation avec l’Etat marocain à la veille des élections du 25 novembre 2011. Le dossier de Bombardier tend vers la même logique. Le canadien a signé une lettre d’intention avec le Maroc portant sur un investissement possible de 2 milliards de dirhams sur huit ans. Il ne précise pas, toutefois, si cette somme sera autofinancée ou levée sur le marché marocain. En tout cas, les négociations vont reprendre de plus belle pour définir les contours de cet investissement. Et il est clair que le Maroc mettra la main à la poche. Le message à retenir de ces exemples est clair : l’Etat doit faire de la promotion des investissements étrangers, mais en faisant prévaloir un financement local conséquent.  Toute la question est de savoir si l’équipe de Benkirane et à sa tête Nizar Baraka, le ministre des finances, pourra mobiliser des ressources financières pour à la fois maintenir la cadence des grands travaux et soutenir l’investissement par des effets de levier ? Mohamed Najib Boulif, ministre des affaires générales y croit puisqu’il a déclaré à plusieurs reprises que le système financier marocain peut mobiliser une partie des ressources nécessaires tandis que l’autre partie pourrait être fournie par des financements alternatifs, comprendre des fonds islamiques.

Des décisions déterminantes et stratégiques
Par ailleurs, l’accélération de la mise en œuvre des stratégies sectorielles est souvent liée à l’amélioration de la gouvernance. Le nouveau gouvernement s’engagera dans sa déclaration devant le Parlement à faire mieux en matière de coordination. « Plus question que chacun travail pour soi », nous confie une source proche du gouvernement. La concrétisation de cette promesse est possible dans certains dossiers, mais sera complexe dans d’autres. Les cas les plus emblématiques sont ceux du plan Rawaj et de la stratégie énergétique. Le plan de développement du commerce a prouvé qu’il était impératif d’agir sur le circuit de commercialisation des denrées alimentaires pour tirer les prix vers le bas, une action à impact populaire et politique important. Sauf que pour y arriver, il faut que le ministère de l’intérieur s’associe à celui du commerce pour clore le dossier de la réforme des marchés de gros. La pertinence ainsi que l’efficacité du gouvernement de Benkirane seront mesurées à travers ce type de dossiers. Plus rapide sera la décision et le déploiement, plus grand sera le gain économique et politique. Sur le plan énergétique, le plan gazier du Maroc n’a pas encore vu le jour sachant que sa première mouture a été présentée en 2003. Affiné sous l’ère de Driss Jettou puis présenté au Roi sous l’ère de Abbas El Fassi, le dossier n’a pas encore donné ses fruits. Pourtant ses impacts économique, écologique et géostratégique ne sont plus à prouver. Qu’est ce qu’il lui manque ? Une décision portuaire. Que ce soit à Nador West Med ou à Jorf Lasfer, la construction du port conditionne la mise en place du terminal gazier, le premier pas vers le renforcement des capacités gazières du Maroc. Le même type de blocage plane sur la concrétisation du plan halieutique. Ce dernier table sur la construction d’un grand port de pêche au sud du Maroc, mais le projet n’a pas encore été traité, ni les études lancées. Résultat, un retard monstre dans l’application de la stratégie.

La dynamisation du marché intérieur pour booster l’économie

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Il n’y a pas de doute, la priorité du gouvernement Benkirane est la relance de l’économie. L’emploi, le financement des services sociaux et des réformes profondes en dépendent. La mission s’annonce d’ores et déjà difficile, mais n’est pas impossible. L’orientation générale qui sera déclinée à l’occasion de l’investiture devant le Parlement, probablement au courant de la troisième semaine de janvier, s’attarde sur deux volets essentiels : l’accélération du déploiement des stratégies sectorielles en améliorant leur gouvernance et la dynamisation du marché intérieur. En empruntant cette voie, le gouvernement collera, sans aucun doute, aux conseils (ou recommandations) de Bank Al Maghrib. La banque centrale avait en effet et à plusieurs reprises, insisté sur le rôle grandissant de la consommation des ménages dans la croissance du PIB. Presque 3,5% de la croissance enregistrée ces dernières années émane du marché domestique. La valeur ajoutée des exportations demeure faible pour des raisons connues, notamment la faiblesse de l’offre exportable et la crise qui touche les marchés ciblés par le Maroc. Deux facteurs qui persistent en 2012 et 2013 et auront un impact conséquent sur la croissance des exportations. L’essentiel se fera donc localement.

Des investissements étrangers financés localement
L’unanimité est faite sur l’effet des stratégies sectorielles : étant complètement tournées vers l’export, certaines stratégies risquent de ne produire que des effets très limités en cette période de crise. En effet, les plans de développement sectoriels visent avant tout la croissance de l’offre exportable. C’est dans cette optique que le plan Emergence a vu le jour avec cette concentration sur les métiers mondiaux du Maroc. Les marchés cibles connaissent une crise sans précédent et le gouvernement Benkirane ne manquera pas de le rappeler lors de sa déclaration devant le Parlement.  Une façon d’annoncer la couleur sur la croissance à venir et ses possibilités limitées sur les deux prochaines années. Il n’en demeure pas moins qu’il reste des pistes sur lesquelles peuvent compter les ministres fraichement installés.
Par ailleurs, le Pacte national pour l’Emergence industrielle, visant le développement de cinq secteurs clés (offshoring, aéronautique, automobile, électronique, agroalimentaire, en plus de trois secteurs classiques comme le textile, le tourisme et l’artisanat) repose essentiellement sur l’investissement étranger. La stratégie mise en place consiste en la préparation d’espaces dédiés avec des services sur mesure et l’invitation des majors nationaux et internationaux à investir dans des métiers porteurs. Les nationaux étant en nombre très limité, les attentes des investissements étrangers sont grandes et vitales pour la création de l’emploi, le drainage des devises et la relance de la croissance. Sauf que la machine bloque chez les pays émetteurs des investissements souhaités. Et comme l’a souligné le nouveau ministre du Commerce, de l’industrie et des technologies de l’information, en s’adressant à son staff, «le Maroc a besoin d’investissement productif». Les témoins qui nous rapportent cette déclaration veulent souligner l’importance de l’investissement industriel. Une façon de dire qu’il ne suffit pas de comptabiliser les investissements drainés, mais leur qualité. Pour illustrer leurs arguments ils rappellent le cas de Renault à Tanger. Le constructeur automobile français a été confronté à la crise et ne doit son projet au Maroc qu’à l’implication des institutions financières marocaines, surtout la Caisse de dépôt et de gestion. Le même schéma est attendu pour l’extension de la Somaca, un dossier qui était en négociation avec l’Etat marocain à la veille des élections du 25 novembre 2011. Le dossier de Bombardier tend vers la même logique. Le canadien a signé une lettre d’intention avec le Maroc portant sur un investissement possible de 2 milliards de dirhams sur huit ans. Il ne précise pas, toutefois, si cette somme sera autofinancée ou levée sur le marché marocain. En tout cas, les négociations vont reprendre de plus belle pour définir les contours de cet investissement. Et il est clair que le Maroc mettra la main à la poche. Le message à retenir de ces exemples est clair : l’Etat doit faire de la promotion des investissements étrangers, mais en faisant prévaloir un financement local conséquent.  Toute la question est de savoir si l’équipe de Benkirane et à sa tête Nizar Baraka, le ministre des finances, pourra mobiliser des ressources financières pour à la fois maintenir la cadence des grands travaux et soutenir l’investissement par des effets de levier ? Mohamed Najib Boulif, ministre des affaires générales y croit puisqu’il a déclaré à plusieurs reprises que le système financier marocain peut mobiliser une partie des ressources nécessaires tandis que l’autre partie pourrait être fournie par des financements alternatifs, comprendre des fonds islamiques.

Des décisions déterminantes et stratégiques
Par ailleurs, l’accélération de la mise en œuvre des stratégies sectorielles est souvent liée à l’amélioration de la gouvernance. Le nouveau gouvernement s’engagera dans sa déclaration devant le Parlement à faire mieux en matière de coordination. « Plus question que chacun travail pour soi », nous confie une source proche du gouvernement. La concrétisation de cette promesse est possible dans certains dossiers, mais sera complexe dans d’autres. Les cas les plus emblématiques sont ceux du plan Rawaj et de la stratégie énergétique. Le plan de développement du commerce a prouvé qu’il était impératif d’agir sur le circuit de commercialisation des denrées alimentaires pour tirer les prix vers le bas, une action à impact populaire et politique important. Sauf que pour y arriver, il faut que le ministère de l’intérieur s’associe à celui du commerce pour clore le dossier de la réforme des marchés de gros. La pertinence ainsi que l’efficacité du gouvernement de Benkirane seront mesurées à travers ce type de dossiers. Plus rapide sera la décision et le déploiement, plus grand sera le gain économique et politique. Sur le plan énergétique, le plan gazier du Maroc n’a pas encore vu le jour sachant que sa première mouture a été présentée en 2003. Affiné sous l’ère de Driss Jettou puis présenté au Roi sous l’ère de Abbas El Fassi, le dossier n’a pas encore donné ses fruits. Pourtant ses impacts économique, écologique et géostratégique ne sont plus à prouver. Qu’est ce qu’il lui manque ? Une décision portuaire. Que ce soit à Nador West Med ou à Jorf Lasfer, la construction du port conditionne la mise en place du terminal gazier, le premier pas vers le renforcement des capacités gazières du Maroc. Le même type de blocage plane sur la concrétisation du plan halieutique. Ce dernier table sur la construction d’un grand port de pêche au sud du Maroc, mais le projet n’a pas encore été traité, ni les études lancées. Résultat, un retard monstre dans l’application de la stratégie.

Accords de pêche Les professionnels répondent aux députés européens

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Les professionnels marocains de la pêche n’ont pas été longs à réagir au rejet par le Parlement européen de la proposition de prorogation de l’accord de pêche. Réunis au sein du Collectif Pêche et développement durable, ils estiment que «les arguments avancés dans le rapport de Carl Haglund, la référence d’appréciation des eurodéputés, démontrent les limites de l’accord et des ses retombées sur le Maroc». Ayant bien analysé l’accord et ses conséquences, le Collectif s’oppose de manière explicite à «toute reconduction de l’accord en ses termes actuels» et rejette «toute négociation d’un nouvel accord s’inscrivant dans la même philosophie». Pour autant, le Collectif pense que le Maroc et l’UE peuvent renégocier dans le sens d’une meilleure satisfaction du marché européen et d’un meilleur développement du secteur de la pêche au Maroc. Le Collectif vise en fait un autre type d’accord qui dépasse la simple extraction des ressources halieutiques.
Pour Mohamed Allalou, secrétaire général de la Confédération nationale de la pêche côtière au Maroc (CNPCM), il ne sert à rien de «s’en tenir à un accord qui nous a porté préjudice et qui, de l’aveu même des Européens, a montré ses limites ». Mohamed Benkirane, de la CGEM, s’est référé au droit de la mer qui stipule que les accords de pêche ne portent que sur les reliquats. Or, précise-t-il, le Maroc «n’a plus de surplus à donner. Il est en train de donner ce qu’il n’a pas ». «Nous sommes pour un partenariat avec l’UE, mais d’égal à égal et qui prenne en considération les intérêts des Marocains», a précisé Abderrahmane El Yazidi, secrétaire général du Syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière.
Pour les professionnels, les objectifs d’un nouvel accord peuvent être mieux atteints avec de nouvelles relations basées sur «l’investissement européen dans la valorisation des produits de la mer et le développement industriel en aval (chantier naval, équipement, matériel de pêche...)». L’investissement est ainsi considéré comme l’unique moyen pour atteindre 4 objectifs majeurs : sauvegarder les intérêts ainsi que les ressources halieutiques du Maroc ; développer le secteur ; créer de la valeur ajoutée pour la population proche de l’industrie de la mer et générer une nouvelle source de devises, améliorant ainsi la balance des paiements.
Par ailleurs, il est utile de signaler que la fin de l’accord ne signifie aucunement la cessation de toute collaboration entre le Maroc et l’UE. Pour le rapporteur de la commission, «la collaboration avec les autorités marocaines a été extrêmement satisfaisante». Il fallait donc chercher l’origine du problème ailleurs. La Commission l’a trouvé et a conclu que «les problèmes que pose cet accord ne sont pas imputables au pays partenaire mais bien à l’accord lui-même». Néanmoins, le rapport signale bien quelques insuffisances, notamment l’inefficacité de sa contribution au développement du secteur au Maroc. Ainsi, la commission a noté que la clause de l’emploi n’a pas été respectée côté marocain, avec la création de seulement 170 postes, soit 0,04% du nombre des marins-pêcheurs du pays. Par contre, les navires de l’UE ont parfaitement respecté cette clause mais n’ont pas respecté celle de débarquement obligatoire, empêchant l’industrie locale d’apporter une valeur ajoutée. La commission qui s’est intéressée à l’impact sur les ressources nationales a pu déterminer que cinq espèces ont été surexploitées : le merlu commun, le pageot acarné, le poulpe, les crevettes roses et l’encornet. Quatre autres espèces ont été pleinement exploitées (le pagre, le dente à gros yeux, la dorade, le diagramme burro). D’où la question : les navires de l’UE respectent-ils le principe de ne pêcher que les espèces en excédent ?

 

«Nous sommes en train de réévaluer notre partenariat global avec l'Union européenne.»
Zakia Driouech, Directrice de la pêche maritime et de l'aquaculture.

Entretien réalisé par f-z jdily

L’Observateur du Maroc. L'accord de pêche Maroc-Union européenne a été bloqué par les eurodéputés alors même qu'il avait déjà été reconduit par les Etats. Pourquoi selon vous ?
Zakia Driouech. Nous avons tous été surpris par cette décision qui a été prise lors du vote du Parlement européen, surtout qu’il faut rappeler que la prorogation de ce protocole s’est faite suite à la demande de la partie européenne. C'est donc suite à cette demande que le Maroc a accepté de proroger cet accord pour permettre à la flotte européenne de poursuivre ses activités dans les eaux marocaines. Nous sommes d'autant plus surpris que, le 22 novembre 2011, la commission pêche de l'UE a voté en faveur de ce protocole.
Ils ont parlé de possibilités de retour aux négociationx. Est-ce que cela veut dire que ce blocage n'est pas définitif?
Aujourd'hui, c'est un souhait de la partie européenne puisqu’en même temps que le rejet, ils ont voté une motion pour ouvrir d'autres négociations. Nous ne pouvons pas nous prononcer aujourd’hui. Et comme l’a souligné le communiqué des Affaires étrangères, nous sommes en train de réfléchir, de réévaluer notre partenariat global avec l'Union européenne. Ce qui est sûr c'est que nous sommes en train de développer le secteur de la pêche et nous allons poursuivre notre stratégie, avec nos propres moyens. Nous avons des objectifs très clairs à atteindre : la préservation de la ressource, la valorisation de ces ressources et la mise à niveau et la modernisation de tout le secteur halieutique.
Si même après les renégociations le blocage est considéré comme étant définitif, que pourraient être les pertes pour le budget de l'État ?
L'enveloppe budgétaire, comme vous le savez, n'est pas très importante par rapport à tous les efforts budgétaires qui ont été consentis par l'État pour mettre à niveau et moderniser ce secteur.
La décision du parlement européen aura-t-elle des conséquences sur le marché marocain ?
Pour moi, nous avons un secteur de la pêche qui a son propre marché, qui a sa propre stratégie, qui a ses moyens et comme cela a été annoncé dans le communiqué du département des Affaires étrangères nous allons mettre à niveau et poursuivre le renforcement et le développement du secteur avec nos propres ressources.

Transmission des entreprises Etat des lieux

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Passer le flambeau lorsqu’il s’agit d’entreprise s’avère problématique dans notre pays. Question de culture mais également d’organisation et de préparation, la transmission des entreprises au Maroc reste «un sujet souterrain» comme  le qualifie Zakaria Fahim, managing partner au cabinet d’expertise BDO. Ce dernier a initié, en partenariat avec l’ANPME et C&O Marketing, une étude baromètre sur le sujet. «L’objectif de cette étude, dont la première édition a eu lieu en 2009, est d’apporter un éclairage sur la transmission d’entreprise et de susciter une réflexion pour la mise en place d’actions à même d’encourager et de faciliter le processus», annoncent les initiateurs de cette étude qui a été appuyée par des investigations sur le terrain. Ceci auprès de plus de 100 entreprises (dont 50% familiales) et d’un benchmark réalisé auprès de 20 experts à l’international et de sept experts marocains.


Culture de transmission
Différents points de vue qui aboutissent tous à un constat plutôt inquiétant. «Le gros danger réside dans le fait que l’entrepreneur oublie de préparer sa retraite. La transmission se fait alors dans la précipitation et sous la pression, que ce soit pour le patron ou pour le repreneur», analyse Fahim. D’après lui, ils seront plus de 80% de repreneurs à se faire transmettre la responsabilité sous la pression. Mort, maladie… les causes diffèrent mais le résultat est le même: les repreneurs sont appelés à la rescousse à la dernière minute et du coup «ils sont pour la plupart doublement mal préparés à leurs nouvelles fonctions», explique Zakaria Fahim. D’ailleurs, parmi les conclusions phares des deux éditions du baromètre, figure en première place le fait qu’il n’existe pas encore de véritable culture de la transmission d’entreprise, celle-ci étant insuffisamment appréhendée. «Ceci à un tel point que les patrons préfèrent transmettre leurs activités à des proches, même si ces derniers ne sont pas habilités à les diriger», note-t-on dans le guide édité avec l’appui du ministère de l’Economie et des finances.

Les répercussions
Une solution bricolée qui peut avoir des répercussions fatales sur l’avenir et la pérennité de l’entreprise en question, mettent en garde les initiateurs du baromètre. Avec un tissu économique essentiellement composé de PME, notre pays dispose d’un marché potentiel d’entreprises transmissibles, mais qui reste toutefois mal exploité voire «anarchique». Une situation qui, au-delà de la pérennité du cycle de vie de l’entreprise elle-même, peut toucher à d’autres composantes, plus particulièrement à ses ressources humaines, au maintien du dynamisme productif et la consolidation du développement du tissu économique en général. «D’où l’importance de revoir et d’améliorer les rouages de fonctionnement du processus de transmission», insistent les initiateurs du baromètre.

L’accompagnement
Si les conditions de la transmission des entreprises sont majoritairement «non favorables», d’après Fahim, c’est essentiellement par manque d’accompagnement professionnel pluridisciplinaire. Pour porter conseil, orienter, accompagner, aider à prendre les décisions… les experts comptables, banquiers, coachs professionnels, avocats et autres experts juridiques sont autant de personnes susceptibles d’apporter un soutien psychologique et professionnel (aux cédants et même aux repreneurs) dans cette manœuvre «qui n’est pas chose facile et qui doit se préparer sur deux à trois ans», reconnaît Fahim. Comparant les résultats de 2011 à ceux de 2009, l’expert remarque d’ailleurs qu’il y a une légère ouverture des entrepreneurs par rapport à la question de la transmission.
Du côté des repreneurs, même constat. N’étant pas prêts à reconduire les mêmes modèles de gouvernance que leurs prédécesseurs (qu’ils soient parents ou autres), la nouvelle génération des patrons s’émancipe et opère des choix qui ne sont pas toujours dans la lignée des idées des anciens patrons. «Il faut noter que pour assurer une certaine fluidité à la transmission, le patron cédant doit faire preuve d’intelligence et d’humilité. Choisir le bon élément et savoir céder le fruit de longues années de travail demande beaucoup de volonté», explique Zakaria Fahim, avant d’ajouter que bien avant le moment crucial de la transmission effective, une autre doit se faire tout au long de la vie de l’entreprise. Explication : d’après les résultats du baromètre, les patrons marocains ont tendance à se constituer et se considérer comme le seul capital de l’entreprise. Cumulant les responsabilités, ils finissent par tout monopoliser. Ce qui menace l’équilibre et la stabilité de leurs affaires le jour de leur départ, qu’il soit forcé ou volontaire. Pour y remédier, les experts évoquent le développement, via formation et information, de la culture de délégation, la décentralisation de la décision, la variation des compétences et l’adoption d’un modèle de gestion plus moderne et plus assoupli, «en rupture avec les schémas archaïques», insiste Fahim. Une préparation préalable est ainsi indispensable pour assurer une transmission dans les règles de l’art, que cela se fasse par cession, héritage ou vente.

Le show des AGR

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Vendredi 9 décembre 2011. Il est 15h à la Foire internationale de Casablanca. Le nombre important de voitures stationnant sur le parking laisse présager une grande affluence au Premier village national des activi tés génératrices de revenus. Les allées investies par les visiteurs curieux mènent d’un stand à l’autre pour laisser découvrir la grande diversité des produits exposés. Venant des quatre coins du Maroc, les 250 coopératives et associations exposantes n’ont pas manqué l’occasion pour venir montrer leurs productions respectives artisanales ou alimentaires. Des hommes et surtout des femmes sont ainsi venus de différents horizons pour présenter leur «gagne-pain» lors de cette grand-messe initiée par la Coordination nationale de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), sous le thème «AGR: un outil de dynamisation économique au service du développement humain».

Entre production et commercialisation
Dressée sur une superficie de 2.500 m2, la foire est venue en réponse à la forte demande des porteurs de projets et autres bénéficiaires des AGR dans le cadre de l’INDH, confirment les organisateurs. «Nous avons besoin de ce genre d’événements. Cela nous permet de lier contact avec les consommateurs, de présenter nos produits et surtout de vendre», approuve Fadma, membre de la coopérative féminine Tamaônine pour la production de l’huile d’argent et d’amlou. Venant de Bouizakarne, province de Goulmim, la jeune femme ne manque pas l’occasion pour insister sur le manque à rattraper en termes de commercialisation d’une «production de grande qualité». «Nous sommes 15 femmes à opérer au sein de cette coopérative qui nous a offert l’occasion d’acquérir une certaine autonomie financière», rapporte Fadma. Un succès qui ne cesse d’attirer de nouvelles recrues en mal de ressources. «Le problème se pose alors au niveau du local trop étroit et de la commercialisation de nos produits qui se fait à travers un réseau restreint de connaissances et de parents à Tiznit et ailleurs».
La question de la commercialisation reviendra d’ailleurs comme un leitmotiv chez les autres participants interrogés. Pour Badiâa, présidente de la coopérative agricole Mebrouka de Sidi Bennour, spécialisée dans la fabrication du couscous au blé complet, le problème se pose à  un autre niveau. «Pour élargir notre réseau de distribution, nous sommes allées voir les grandes surfaces à Casablanca et Rabat. Les responsables ont apprécié notre produit mais nous devions produire à grande échelle pour pouvoir alimenter la demande, trop importante pour nos capacités de production», nous raconte cette ambitieuse femme au foyer convertie en femme d’affaires. Préférant développer son activité localement dans un premier temps, la coopérative remet à plus tard ses projets d'expansion. En attendant, Badiâa et ses consœurs s’attelent à augmenter leur production en pensant à sa diversification. «Avec la farine de blé que l’on n’utilise pas dans la fabrication du couscous, on prépare des petits sablés délicieux que l’on vend également comme un produit dérivé», nous explique Badiâa, avec l’assurance d’une industrielle confirmée, tout en offrant des échantillons en dégustation.
Sur le même stand, une autre femme venant également de Sidi Bennour n’hésite pas à nous interpeller pour présenter son travail. Fatema préside en effet une coopérative féminine pour la couture et la broderie traditionnelles. Caftans, nappes ou draps brodés, le stand essaie de présenter la grande variété d’articles faits main par les bénéficiaires de la coopérative. «Nous proposons tout ce dont une mariée ou une femme marocaine a besoin. Nous nous focalisons sur la qualité du produit mais également du service», tient à noter Fatema qui a déjà lancé la page facebook de sa coopérative pour être dans l’air du temps et toucher une plus large cible. «Pour la commercialisation, nous nous basons beaucoup sur le bouche à oreille et ça marche. N’empêche qu’il nous faut faire plus d’effort dans ce sens, surtout avec le recrutement permanent de nouvelles bénéficiaires», déclare la présidente, soucieuse de gérer au mieux ses ressources humaines. Des préoccupations dont l’INDH est consciente comme le confirme d’ailleurs Nadira Al Guermal, gouverneur-coordinatrice, lors de l’ouverture de l’événement. Faire connaitre le travail de grande qualité réalisé par les coopératives, donner plus de visibilité à une production variée au grand public tout en permettant de meilleures commercialisation et rentabilité financière aux coopératives et associations, sont les objectifs évoqués par la responsable à propos de ce village.

Emancipation et dignité
Au total, ce sont 83 provinces et préfectures qui ont été invitées à prendre part à cette première édition. Rappelons qu’entre 2006 et 2010, l’INDH a permis la réalisation de 23.000 projets ayant profité à plus de 5 millions de bénéficiaires. Une enveloppe budgétaire de 1,12 milliard de DH a été allouée à la réalisation de ces activités à caractère socioéconomique, représentant une part de 40% du budget général attribué au Programme transversal 2011-2015. L'ambitieux objectif de ce dernier serait de concrétiser 5.000 activités génératrices de revenus sur l'ensemble du territoire national à l'horizon 2015, permettant ainsi de générer plus de 50.000 emplois. Pour rappel, l'INDH a permis dans sa première phase 2006-2010, la réalisation de plus de 23.000 projets, au profit de près de 5,2 millions de bénéficiaires, pour un investissement global de plus de 14 milliards de dirhams. Notons également que 3.700 projets d'AGR ont permis de générer près de 40.000 emplois suite à des appels à projets «garantissant la dignité humaine», comme le souligne l’INDH. Une phrase qui sera reprise par Charifa, jeune représentante de la coopérative Lamlaga, venant de la ville de Dakhla. Faisant de la préparation d’un couscous à base de 5 farines et d’herbes médicinales leur spécialité, les quatre initiatrices de ce projet en ont vite fait un moyen d’émancipation pour elles et les autres bénéficiaires. «Au bout de trois ans d’existence, notre coopérative nous permet de gagner mensuellement plus de 2000 DH chacune. Ceci grâce notamment à la commercialisation de notre couscous au Maroc mais également en Espagne, en France et en Mauritanie. C’est une sacrée somme qui nous permet de jouir d’une grande indépendance financière. Plus question de demander aux maris et autres frères ou pères de nous fournir de quoi faire des courses !», nous déclare-t-elle le verbe triomphant. Des propos qui résument la philosophie de toute une initiative visant la dynamisation économique et le développement humain, mais surtout la réhabilitation de toute une catégorie sociale.

 

«S2M est une valeur de rendement sur le moyen et le long terme.»
Aziz Daddan, Président du directoire de S2M.

Entretien réalisé par f-z jdily

L’Observateur du Maroc. Vous venez d'introduire votre société à la bourse de Casablanca. Est-ce que uniquement pour lever des fonds ou pour plus de notoriété?
Aziz Daddan. L’opération d'introduction en bourse de S2M est en cours. Elle est lancée pour une souscription qui va démarrer vendredi prochain, donc à partir du 16 jusqu'au 20 décembre 2011, avec une clôture anticipée éventuellement le 19.
L'opération va se matérialiser par une cession, par les investisseurs qui sont en fait des fonds d'investissement qui accompagnent la société depuis 2003. La cession se fera de manière partielle par rapport à leurs part qu'ils détiennent dans le capital (30%), qui va devenir flottant en bourse.
Alors l'objectif de cette introduction en bourse est d'abord de faire appel à l'épargne publique, nous estimons aujourd'hui que S2M est arrivée au niveau de maturité à la fois financière, commerciale et managerielle qui lui permet d'aborder cette introduction en bourse en toute sérénité, dans l'objectif à la fois de diversifier ses instruments de financement mais aussi d'accroître sa notoriété auprès du marché, aussi bien à l'échelle marocaine qu'a l'échelle internationale.
Malgré la conjoncture qui s'annonce difficile, qu’est-ce qui vous laisse confiants ?
Avant l'heure, ce n'est pas l'heure. Après l'heure ce n'est plus l'heure ! Aujourd'hui, nous estimons avoir rassemblé tous les ingrédients nécessaires pour réussir cette introduction en bourse. Il est clair qu'une fois dotés de ces ingrédients de réussite, on sait que le fait de faire appel à l'épargne publique n'est pas une promenade de printemps, il faut s'armer de beaucoup de prudence. Nous sommes aujourd'hui sereins parce que nous sommes confiants à la fois dans les femmes et dans les hommes qui portent l'entreprise, nous sommes confiants en notre réactivité, mieux, dans notre créativité pour continuer à être pionniers dans  le marché de la monétique, apporter les produits qu'il faut sur la place au moment où il le faut. Et je pense que par rapport à cela, les investisseurs, aussi bien institutionnels que particuliers, sauront juger la vraie valeur de S2M et qu'il s'agit d'une valeur de rendement sur le moyen et le long terme.
Est ce que le recours à la place boursière de Casablanca s'explique en partie par la sous-liquidité bancaire ?
Le fait d'avoir recours à l'épargne publique, c'est en partie pour diversifier les instruments de financement. Nous faisons confiance au système bancaire, nous levons au besoin les crédits qu'il faut pour financer notre développement, nos investissements etc. Le recours à la bourse est une manière de diversifier ces instruments de financement. C'est parfaitement sain pour une entreprise que de reposer enfin son capital, ce qui est le cas de S2M qui repose à la fois sur des investisseurs de renom qui sont des fonds d'investissement internationaux, d'une part, et d'autre part sur l'épargne publique et enfin sur les dirigeants de l'entreprise qui vont devenir à cette occasion la partie prenante de manière significative sur le capital de S2M
Vous opérez dans le secteur de la monétique qui est en pleine effervescence. Comment se porte ce secteur aujourd'hui au Maroc ?
Le secteur de la monétique se porte très bien. C’est un secteur qui évolue à deux chiffres, aussi bien à l'échelle mondiale qu'a l'échelle marocaine. Le nombre de transactions est en constante croissance, évoluant de 13 à 14% à l'échelle internationale et de quelque chose comme 17 à 18% au Maroc. Le recours aux moyens de paiement électronique et donc à la monétique est de plus en plus important, ce qui signifie que le développement de la monétique à l'échelle régionale et internationale ne va faire que favoriser le développement de notre entreprise qui accompagne le secteur en apportant à la fois ses solutions conventionnelles pour le paiement sur les canaux classiques tel que le TPE, le GAV mais aussi sur de nouveaux canaux de paiement, à savoir le paiement sur le net et tout récemment le paiement mobile.

Dynamique à l’export Entre faiblesses et opportunités

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Le choix de l’ouverture sur l’extérieur fait par le Maroc en 1987 a eu certes des résultats, mais pas forcément ceux escomptés, en signant le fameux accord du GATT. En effet, au bout d’une vingtaine d’années, les différents accords de libre échange (signés avec des puissances économiques mondiales comme les USA ou l’ UE et des pays émergents à fort potentiel de croissance tels la Turquie et les Emirats arabes unis) ne s’avèrent pas très bénéfiques pour le commerce extérieur du Maroc. Avec un volume d’importations qui l’emporte de loin sur celui des exportations, le déficit de la balance commerciale devient chronique. «D’où la nécessité de l’élaboration d’une stratégie complémentaire intégrant les différents acteurs qu’ils soient institutionnels ou professionnels», insiste Habib El Malki, président du Centre marocain de conjoncture (CMC) lors de la 21e rencontre annuelle organisée le 13 décembre 2011 à Casablanca sous le thème «Compétitivité et dynamique à l’export: quelle stratégie d’avenir ?».

Faible croissance
Chiffres à l’appui, le CMC rappelle ainsi que la croissance annuelle moyenne enregistrée durant les treize dernières années (de 1998 à 2010) n’a été que de 4,3%, tirée principalement par la demande intérieure à hauteur de 4,7% contre une contribution négative à hauteur de 0,40% pour la demande étrangère. Cette situation s’explique par la prépondérance des importations avec un apport négatif de 2,4 points de croissance contre un apport positif de seulement 2 points de croissance pour les exportations. La faible présence des produits marocains sur les marchés extérieurs trouve plusieurs explications chez les participants. «La conquête du marché international nécessite une nouvelle culture», analyse El Malki qui rappelle que le Maroc aurait pu préparer au préalable son ouverture commerciale. Pour Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur, l’une des grandes faiblesses du secteur de l’export serait la faible offre nationale. «Nous n’avons que des “offrettes”. Le volume et la diversité font défaut. Les produits marocains n’arrivent pas à répondre à une demande importante et exigeante», explique le ministre qui considère que le Maroc se prive ainsi d’une plus forte présence sur ses marchés de prédilection tels l’Europe. Cette situation est d’autant plus aggravée par le manque de producteurs. «Nous n’arrivons pas jusqu’à maintenant à avoir au moins trois ou quatre concurrents nationaux sur le même produit exportable, d’où une faible pénétration des marchés», ajoute-t-il, insistant sur l’importance d’un travail de ciblage du couple produit/marché dans la stratégie conquérante du Maroc. Une autre défaillance qui porte un sacré coup à la compétitivité marocaine dans un contexte mondial critique et fatalement concurrentiel. Une véritable problématique qui nécessite une plus grande agressivité de la part des entreprises prétendantes à l’export mais également des instances institutionnelles.

Manque de compétitivité
S’en défendant, les responsables gouvernementaux présents n’ont pas manqué l’occasion pour rappeler la multitude de plans sectoriels lancés dans la perspective de booster les exportations marocaines, tels le Plan Maroc vert (qui vise 44 milliards d’exportations à l’horizon 2020) et Emergence (80 milliards à l’horizon 2020). Des efforts louables mais qui restent toutefois insuffisants selon les acteurs privés, tous secteurs confondus. «L’ouverture adoptée par le Maroc est un peu naïve», commente Mohamed Hourani, président de la CGEM. Pour le patron des patrons, prises de court, les entreprises marocaines n’étaient pas prêtes à faire face au grand flux des importations en produisant du local. Hourani va plus loin dans son autopsie. «Pour être compétitif ailleurs, il faut l’être d’abord chez soi». Si l’adaptation des exportations aux marchés de destination est une exigence, le suivi par la partie institutionnelle est plus que nécessaire. «La politique de change est à revoir !», lance-t-il. Question épineuse sur laquelle sont revenus de nombreux intervenants lors de cette rencontre, la parité monétaire du dirham aurait des effets plutôt positifs sur les exportations marocaines et sur la balance commerciale. Le développement logique élaboré par les pro-flexibilité du dirham veut que dans une perspective d’amélioration de la compétitivité-prix de l’entreprise marocaine, un assouplissement de la contrainte des coûts de facteurs s’impose.
Pour bon nombre d’opérateurs, l’étude comparée des coûts des facteurs au Maroc et chez ses principaux concurrents ne serait pas à l’avantage de l’économie nationale. Figure parmi ces coûts de facteurs le cours de change du dirham. La «surévaluation» chronique de la monnaie nationale «exercerait un effet de soufflet sur les importations, contribuant à la détérioration des différents soldes commerciaux tout en gênant l’écoulement des produits fabriqués localement sur nos marchés extérieurs pertinents, notamment sur la zone euro», note-t-on au CMC. Une réclamation qui n’est pas entendue de la bonne oreille par Bank Al Maghrib, représenté par Karim Al Aynaoui, directeur des études et des relations internationales. «La question du régime de change fixe est une préoccupation à la banque centrale. Il faut savoir qu’une plus grande flexibilité du taux de change du dirham peut avoir des conséquences pas toujours réjouissantes sur les exportations et l’économie en général. La réviser est une responsabilité partagée avec le ministère des Finances», résume le responsable.

Les pistes à suivre…
Les exportations marocaines, tous produits confondus, représentent moins de 1% du marché européen. Triste constat qui en motive plus d’un à explorer et exploiter le fort potentiel qui s’offre à notre pays. Parmi les pistes stratégiques proposées par le CMC figure l’industrialisation du PIB. «Une plus forte industrialisation est garante d’une amélioration quantitative et qualitative d’une offre marocaine plus tournée vers l’export», préconise El Malki. Une proposition confirmée par Ahmed Réda Chami, ministre de l’Industrie, qui désigne l’amélioration du capital humain comme une voie de redressement. Il est rejoint dans cette idée par Mohamed Tahraoui, du CMC, qui ajoute la mobilisation des investissements et la réforme du système éducatif comme moyens de relance du secteur de l’export. L’adaptation de la fiscalité, la formation continue, la diversification de la production et l’amélioration du climat des affaires et du système judiciaire sont évoquées par le président de la CGEM. Le représentant de l’Amith quant à lui rappelle à l’Etat son rôle de promoteur de la production nationale sur les marchés extérieurs. «Il faut redoubler d’efforts et de moyens, ce n’est pas une mince affaire !» conclut-il.

Dynamique à l’export Entre faiblesses et opportunités

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Le choix de l’ouverture sur l’extérieur fait par le Maroc en 1987 a eu certes des résultats, mais pas forcément ceux escomptés, en signant le fameux accord du GATT. En effet, au bout d’une vingtaine d’années, les différents accords de libre échange (signés avec des puissances économiques mondiales comme les USA ou l’ UE et des pays émergents à fort potentiel de croissance tels la Turquie et les Emirats arabes unis) ne s’avèrent pas très bénéfiques pour le commerce extérieur du Maroc. Avec un volume d’importations qui l’emporte de loin sur celui des exportations, le déficit de la balance commerciale devient chronique. «D’où la nécessité de l’élaboration d’une stratégie complémentaire intégrant les différents acteurs qu’ils soient institutionnels ou professionnels», insiste Habib El Malki, président du Centre marocain de conjoncture (CMC) lors de la 21e rencontre annuelle organisée le 13 décembre 2011 à Casablanca sous le thème «Compétitivité et dynamique à l’export: quelle stratégie d’avenir ?».

Faible croissance
Chiffres à l’appui, le CMC rappelle ainsi que la croissance annuelle moyenne enregistrée durant les treize dernières années (de 1998 à 2010) n’a été que de 4,3%, tirée principalement par la demande intérieure à hauteur de 4,7% contre une contribution négative à hauteur de 0,40% pour la demande étrangère. Cette situation s’explique par la prépondérance des importations avec un apport négatif de 2,4 points de croissance contre un apport positif de seulement 2 points de croissance pour les exportations. La faible présence des produits marocains sur les marchés extérieurs trouve plusieurs explications chez les participants. «La conquête du marché international nécessite une nouvelle culture», analyse El Malki qui rappelle que le Maroc aurait pu préparer au préalable son ouverture commerciale. Pour Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur, l’une des grandes faiblesses du secteur de l’export serait la faible offre nationale. «Nous n’avons que des “offrettes”. Le volume et la diversité font défaut. Les produits marocains n’arrivent pas à répondre à une demande importante et exigeante», explique le ministre qui considère que le Maroc se prive ainsi d’une plus forte présence sur ses marchés de prédilection tels l’Europe. Cette situation est d’autant plus aggravée par le manque de producteurs. «Nous n’arrivons pas jusqu’à maintenant à avoir au moins trois ou quatre concurrents nationaux sur le même produit exportable, d’où une faible pénétration des marchés», ajoute-t-il, insistant sur l’importance d’un travail de ciblage du couple produit/marché dans la stratégie conquérante du Maroc. Une autre défaillance qui porte un sacré coup à la compétitivité marocaine dans un contexte mondial critique et fatalement concurrentiel. Une véritable problématique qui nécessite une plus grande agressivité de la part des entreprises prétendantes à l’export mais également des instances institutionnelles.

Manque de compétitivité
S’en défendant, les responsables gouvernementaux présents n’ont pas manqué l’occasion pour rappeler la multitude de plans sectoriels lancés dans la perspective de booster les exportations marocaines, tels le Plan Maroc vert (qui vise 44 milliards d’exportations à l’horizon 2020) et Emergence (80 milliards à l’horizon 2020). Des efforts louables mais qui restent toutefois insuffisants selon les acteurs privés, tous secteurs confondus. «L’ouverture adoptée par le Maroc est un peu naïve», commente Mohamed Hourani, président de la CGEM. Pour le patron des patrons, prises de court, les entreprises marocaines n’étaient pas prêtes à faire face au grand flux des importations en produisant du local. Hourani va plus loin dans son autopsie. «Pour être compétitif ailleurs, il faut l’être d’abord chez soi». Si l’adaptation des exportations aux marchés de destination est une exigence, le suivi par la partie institutionnelle est plus que nécessaire. «La politique de change est à revoir !», lance-t-il. Question épineuse sur laquelle sont revenus de nombreux intervenants lors de cette rencontre, la parité monétaire du dirham aurait des effets plutôt positifs sur les exportations marocaines et sur la balance commerciale. Le développement logique élaboré par les pro-flexibilité du dirham veut que dans une perspective d’amélioration de la compétitivité-prix de l’entreprise marocaine, un assouplissement de la contrainte des coûts de facteurs s’impose.
Pour bon nombre d’opérateurs, l’étude comparée des coûts des facteurs au Maroc et chez ses principaux concurrents ne serait pas à l’avantage de l’économie nationale. Figure parmi ces coûts de facteurs le cours de change du dirham. La «surévaluation» chronique de la monnaie nationale «exercerait un effet de soufflet sur les importations, contribuant à la détérioration des différents soldes commerciaux tout en gênant l’écoulement des produits fabriqués localement sur nos marchés extérieurs pertinents, notamment sur la zone euro», note-t-on au CMC. Une réclamation qui n’est pas entendue de la bonne oreille par Bank Al Maghrib, représenté par Karim Al Aynaoui, directeur des études et des relations internationales. «La question du régime de change fixe est une préoccupation à la banque centrale. Il faut savoir qu’une plus grande flexibilité du taux de change du dirham peut avoir des conséquences pas toujours réjouissantes sur les exportations et l’économie en général. La réviser est une responsabilité partagée avec le ministère des Finances», résume le responsable.

Les pistes à suivre…
Les exportations marocaines, tous produits confondus, représentent moins de 1% du marché européen. Triste constat qui en motive plus d’un à explorer et exploiter le fort potentiel qui s’offre à notre pays. Parmi les pistes stratégiques proposées par le CMC figure l’industrialisation du PIB. «Une plus forte industrialisation est garante d’une amélioration quantitative et qualitative d’une offre marocaine plus tournée vers l’export», préconise El Malki. Une proposition confirmée par Ahmed Réda Chami, ministre de l’Industrie, qui désigne l’amélioration du capital humain comme une voie de redressement. Il est rejoint dans cette idée par Mohamed Tahraoui, du CMC, qui ajoute la mobilisation des investissements et la réforme du système éducatif comme moyens de relance du secteur de l’export. L’adaptation de la fiscalité, la formation continue, la diversification de la production et l’amélioration du climat des affaires et du système judiciaire sont évoquées par le président de la CGEM. Le représentant de l’Amith quant à lui rappelle à l’Etat son rôle de promoteur de la production nationale sur les marchés extérieurs. «Il faut redoubler d’efforts et de moyens, ce n’est pas une mince affaire !» conclut-il.

Deals bonnes affaires et petites arnaques

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Je deale, tu deales, il deale, nous dealons… C’est le geste tendance du moment. Réseaux sociaux, Facebook et bouche à oreille aidant, les bonnes affaires sont au bout d’un simple clic. Proposés par de nombreux sites de la place, ces différents deals font le bonheur des Marocains, de plus en plus séduits par ces nouvelles habitudes de consommation à «distance». Ainsi, en quelques mois d’existence seulement, ces sites comptent déjà des milliers d’adeptes et plusieurs centaines de transactions. Au menu, une multitude de bonnes affaires mais également un lot de petites «arnaques»… Tour d’horizon d’une nouvelle mode qui s’érige déjà comme un phénomène socio-économique.

Entre méfiance et engouement
Superdeal, Mydeal, Hmizate… Les adresses diffèrent, mais le principe reste similaire : proposer des services et autres produits à des prix promotionnels. Voyages, services, produits de beauté, restauration, bien être, loisirs… la liste des différentes prestations proposées par ces sites est longue et largement fréquentée par «des clients qui en sont friands», comme les qualifie Mounia Rkha, directrice associée de Mydeal.ma. Si d’après la responsable, les consommateurs de deals restent méfiants au début en commençant par de petits achats pas trop engageants, ils ne tardent pas à prendre confiance. «Ils augmentent ainsi la fréquence et la taille des commandes en se dirigeant vers des produits plus onéreux comme les voyages», explique Rkha. Ce changement de comportement de la part des consommateurs marocains n’est intervenu qu’après moult expériences. La réticence quant au paiement par carte bancaire sur ces sites reste toutefois un véritable obstacle psychologique que beaucoup de Marocains ont pu surmonter, encouragés surtout par l’attrait des bonnes affaires et par la sécurisation des modes de paiement, tant proclamée par ces sites marchands. «En fait, aucun paiement ne se fait sur les sites eux-mêmes, mais sur Maroc Telecommerce qui est une filiale des plus grandes banques marocaines. Ça rassure les clients», affirme la directrice de Mydeal. Une mise en confiance qui a nécessité plusieurs mois de travail de la part des sites «pionniers» des deals. A nouveau concept, nouvelles réticences, s’accordent-ils. «Comme toute nouvelle société, nous avons rencontré des difficultés lors du lancement du concept Hmizate.ma. Dans notre cas, ceci a été dû essentiellement à l’aspect inédit du produit auquel le public marocain n’est pas habitué», se rappelle Kamal Reggad, fondateur de l’un des sites de deals les plus fréquentés actuellement.

Grand succès
Déjà vieux souvenir, la réticence des consommateurs marocains s’est progressivement dissipée au fil des clics. Les chiffres enregistrés par le Centre monétique interbancaire, au cours des neuf premiers mois de l’année 2011, confirment ce constat. Ainsi, le nombre de transactions e-Commerce s’est multiplié par 2,3 en passant de 198 mille en 2010 à 461 mille opérations en 2011. Un grand bond de l’activité qui conforte l’idée d’un véritable boom du e-commerce et en particulier du marché des deals dans notre pays. Ceci même si les professionnels préfèrent modérer. «Il y a un engouement certain, mais il faut faire très attention à l’effet bulle et garder la tête froide», se méfie Mounia Rkha, qui invite les acteurs du marché du deal à construire de la valeur à long terme en misant sur la qualité de service. «Car si les clients sont là, il faut les fidéliser», résume-t-elle. Même son de cloche chez le patron de Hmizate qui ne jure que par la fiabilité des prestataires, «la clé principale de la réussite», insiste-t-il.
Véritable challenge pour les sites de deals, la sélection des prestataires partenaires s’avère vitale. Exercice studieux, le bon choix de ces derniers est garant de la satisfaction des clients, sinon les problèmes ne tarderont pas à pointer du nez.
Petites arnaques
D’ailleurs les cas de non-satisfaction ne manquent pas. Un prestataire qui se «désiste», un autre qui change les modalités du service ou les critères du produit acheté. Petites arnaques, grands désaccords… le succès des deals s’accompagne de notes négatives qui viennent gâcher une relation pourtant «idyllique». «On a beau vous garantir un taux de satisfaction de 100 %, les deals ne sont pas toujours source de contentement», nous lance, avec amertume, Hind, une employée de 33 ans. Quatre mois après sa mésaventure à Marrakech, elle raconte son histoire avec la même colère. «En voulant profiter pleinement d’un séjour-deal à Marrakech, j’ai également pris un dîner pour deux personnes sur un autre site dans un restaurant italien prétendu «gastronomique». En arrivant, le propriétaire a essayé tout d’abord de limiter nos commandes à une salade tout en nous mettant en garde que l’on ne pouvait commander ni viandes ni de plats. Ceci sachant que l’offre promettait un menu complet. En exprimant mon étonnement par rapport à cette attitude, ledit restaurateur est sorti de ses gonds et m’a lancé que je devais payer, encore une fois. Révoltée par l’arnaque et suite à mes menaces de dénoncer cette attitude auprès du site en question, il a failli me frapper en me chassant ma fille et moi de l’établissement», nous raconte la jeune femme, toujours aussi choquée par ce traitement indélicat. Une expérience éprouvante qui ne lui a toutefois pas fait oublier les belles surprises qu’elle a eues avec d’autres deals qui étaient, eux, à la hauteur des promesses annoncées par les prestataires et sites marchands. D’autres témoignages versent dans le même sens. «J’ai l’impression que c’est une sorte de tirage au sort. Parfois, tu as assez de chance et tu décroche un deal valable et à la hauteur de tes attentes et d’autres tu tombes malheureusement sur des mauvaises surprises qui te gâchent ton plaisir et te dissuadent même de renouveler l’expérience», analyse Youssef, qui a fait l’expérience des «deux options».
Wissal, infographiste, aurait également eu une mauvaise surprise en achetant un séjour à El Walidia pour l’offrir à son frère et sa femme à l’occasion de leur lune de miel. «Une fois sur place, nous avons découvert que les responsables de l’hôtel n’étaient même pas au courant du deal qui offrait un séjour de deux jours en pension complète. Gênés, ils ont cependant accepté de nous accueillir et de régler le problème directement avec le site. Une chance!», raconte Wissal.

Satisfait ou remboursé !
Désemparés, insatisfaits et même très en colère, les clients des deals ne se contentent pas d’exprimer leur mécontentement auprès des sites. Ils réclament des remboursements. D’ailleurs, la plupart des ces sites n’oublient pas de mettre en évidence la mention «Satisfait ou remboursé». Simple coup marketing ou véritable engagement de leur part ? Les responsables des sites de deals se défendent de laisser ces «incidents» irrésolus. «En cas de problème, nous faisons en sorte que la résolution des soucis de nos clients intervienne dans les 24H qui suivent», répond Reggad, qui nie avoir affaire à des prestataires qui se désistent. «Etant donné que nous signons avec eux des contrats aux termes bien clairs», ajoute le patron de Hmizate. De leur côté, Mydeal.ma et Superdeal proposent à leurs clients d’être remboursés sur les deals qui n’ont pas été consommés. Autant de palliatifs que ces sites essaient de mettre en place pour rectifier le tir, mais toujours après coup. «J’ai été remboursée pour l’affaire du restaurant et on m’a même offert un chèque cadeau, mais le mal est fait», regrette Hind, qui réfléchit aujourd’hui deux fois avant de faire le moindre deal. Les prestataires «défaillants» seraient ainsi à l’origine de la dé-fidélisation de clients pourtant très portés sur la chose. Pour y remédier, chaque site essaie de gérer à sa manière. Si les uns optent pour des prestataires déjà partenaires auxquels ils ont confiance, d’autres font des tests et mettent la main à la pâte avant d’y engager leur portefeuille clientèle. Pour vérifier la fiabilité des sites eux mêmes, Mounia Rkha conseille aux consommateurs marocains de bien vérifier avant de faire n’importe quel achat. «Enfin, une heureuse initiative vient de voir le jour : le label e-tiqu@ qui auditera les sites de e-commerce afin de vérifier leur conformité. J’invite donc les consommateurs à chercher ce logo sur les sites qu’ils visitent. Ce sera opérationnel dans quelque temps», annonce-t-elle. Bonne nouvelle pour les adeptes de deals qui trouveront là un moyen supplémentaire de se protéger. Ceci en plus du dispositif juridique dédié à la protection des données privées. Ce dernier a été renforcé par la promulgation de la loi 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard des traitements des données à caractère personnel. Rappelons que ce texte protège les internautes contre les abus d’utilisation des données, y compris par les sites marchands, de nature à porter atteinte à leurs vies privées.

Erfoud célèbre les dattes

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Et de deux pour le salon international des dattes du Maroc. Le jeune événement a confirmé son positionnement en tenant sa deuxième édition sous le thème de «L’oasis, source de croissance solidaire». Organisé par le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime du 10 au 13 novembre 2011 à Erfoud, le festival fait de la promotion de l’agriculture oasienne son objectif principal tout en érigeant le secteur phœnicicole comme un axe majeur de développement de l’agriculture marocaine.
La tenue de ce salon est venue renforcer la mise en œuvre du contrat-programme signé à l’occasion des 4es Assises de l’agriculture, en avril 2011. Ce dernier prévoit, d’ici l’horizon 2020, de promouvoir une agriculture performante soucieuse des enjeux sociaux, de l’aménagement territorial et du développement durable. Ceci tout en participant activement à la réhabilitation et la reconstitution des palmeraies existantes (s’étendant sur une superficie globale de 48. 000 ha) et la création de nouvelles plantations, à l’extérieur des palmeraies, sur une superficie de 17.000 ha. Ce contrat programme aspire aussi à améliorer la production de dattes et à la hisser des 90.000 tonnes actuelles pour atteindre les 160. 000 tonnes à l’horizon 2020.
Rappelons que le programme de l’événement s’est articulé atour d’un ensemble de conférences, journées scientifiques et autres contributions internationales. Carrefour d’expériences, le salon a été l’occasion de nouer de nouveaux partenariats pour la mise en valeur de l’agriculture phœnicicole et de la datte marocaine. Ainsi, lors de cette nouvelle édition, 30.000 m2 ont été aménagés pour abriter les différents pôles du salon, à savoir le pôle régions, le pôle produits, le pôle machinisme… Côté participation, plus de 13 pays ont été au rendez-vous. Le salon a accueilli également plus de 60. 000 visiteurs nationaux et internationaux. En parallèle, des circuits touristiques ont été proposés dans le but de rapprocher les visiteurs du patrimoine local de la région. Des animations musicales, culturelles et sportives ont été également programmées en marge de l’événement, sans oublier les différents concours consacrant le meilleur producteur, le meilleur industriel et le meilleur stand.

 

«Il faut rendre la datte présentable. Mais la qualité y est.»

Bachir Saoud Directeur de l'Agence nationale pour le développement des zones oasiennes.

Entretien réalisé par fatima-zohra jdily

L’Observateur du Maroc. Il y a quelques jours que le salon international des dattes à Erfoud à ouvert ses portes. Parlez-nous de ce salon et plus particulièrement de son objectif et de sa particularité.
Bachir Saoud. Cette édition vient consolider le mouvement lancé l'an dernier qui vise à doter la profession du palmier dattier d'un instrument de développement professionnel d'un niveau international qui permettra aux producteurs et aux opérateurs d'échanger, de profiter et de s'enrichir mutuellement, et de créer, pourquoi pas, des opportunités d'affaires. En espérant, bien entendu, contribuer par là à l'amélioration de la profession d'une manière générale pour pouvoir asseoir un développement sur de véritables projets économiquement viables au niveau du secteur. Le plus, c’est qu’au niveau chiffrage nous sommes pratiquement à 180 exposants de plus que l'édition précédente, qui à enregistré 150 exposants. En matière de pays, il y a 5 exposants de pays étrangers, 13 pays représentés par des délégations officielles ou des scientifiques. Côté visiteurs, il y a une affluence qui sera vraiment supérieure car nous nous attendons à 80.000 visiteurs par rapport aux 60.000 qu'a enregistrés l'édition précédente. Je pense donc que nous sommes sur une courbe ascendante à ce niveau et que le secteur est en train d'asseoir ses bases pour un développement sûr.
Quelle est la part qui revient aux exposants internationaux dans ce salon ?
Il s’agit essentiellement des exposants de machinisme innovant en la matière, des machines de pollinisation qui permettent de polliniser les palmiers sans être obligé d'escalader les troncs. Vous savez, c'est très difficile et nos agriculteurs, en attendant de mettre en place la relève, commencent à avoir une moyenne d'âge assez élevée et donc c'est une innovation très intéressante. Le reste des exposants étrangers concerne surtout des valorisateurs qui cherchent à faire des connexions en matière d'affaires, de tout exporter pour transformer sur place et parce qu'ils ont des marchés, des opportunités intéressantes. Il y a aussi des exposants institutionnels des Emirats qui proposent de présenter la dynamique de primes et de récompenses qu'ils ont appliquée chez eux. C’était donc assez diversifié.

Parlez-nous de la production des dattes au Maroc. Couvre-t-elle la demande nationale ?
Pas du tout. Elle a surtout un caractère très saisonnier, et malheureusement avec la précarité de nos installations frigorifiques, on se trouve en décalage, et ce, et peut-être même pour les 20 prochaines années, entre la forte période de consommation qui est le ramadan et la période de récolte. Ramadan est déjà passé, et dorénavant il consommera toujours la production de l'année précédente, ce qui fait que vu la faiblesse des capacités frigorifiques et une baisse du disponible au niveau de la période de forte demande, il y a un fort recours à l'importation. De cette faible capacité de frigos et une production qui vient en décalage par rapport à la période de la forte demande découle le fait qu'au moment de la forte demande, durant le ramadan, nous n’arrivons pas à avoir la production suffisante, et nous sommes contraints d’avoir recours à l'importation de 20.000 a 30.000 tonnes de dattes, pour pouvoir satisfaire la demande. C'est pourquoi les projets importants de développement solidaire structurants sont basés sur la gestion et la mise en place de complexes frigorifiques pour pouvoir aligner la production sur le marché et la rendre donc plus à même de profiter des opportunités de marché. La production actuelle est, en année normale et bonne, d’environ 120 mille tonnes. Donc nous sommes en deçà de ce que nous souhaiterions avoir comme production. La consommation moyenne annuelle du Marocain est de 3,5 kilos alors que dans les régions oasiennes elle peut atteindre 15 kilos. Entre les deux, si on arrive à faire de la datte un fruit de table de tous les jours, il y a tellement à espérer et on peut prétendre à tripler la production sans problème.

Le Marocain préfère les dattes importées. Est ce que cela signifie que la production marocaine des dattes manque de qualité ?
Ce ne sont pas les dattes marocaines qui manquent de qualité, c'est plutôt un problème de marketing. Nous n’avons pas une politique de ventes, de valorisation ou de publicité. De plus, la chaîne frigo-triage-transformation, ou plutôt conditionnement… nécessite toute une logistique. Or jusqu'à présent nos dattes ont des manques à ce niveau. Elles arrivent mélangées, mal entretenues, entassées en vrac et donc avec un aspect assez malmené. Mais dorénavant, et c'est ce que nous élaborons dans ces projets, nous apprenons aux gens à s'organiser. Il faut profiter de la maîtrise de ces actions car il faut rendre la datte marocaine présentable. Mais la qualité y est. Nous avons une richesse génétique incroyable au Maroc. On n'a pas de problème à ce niveau.

Qu'est ce qui se fait aujourd'hui pour que les dattes marocaines soient compétitives au niveau national et international ?
Il y a tout un programme de plantation qui est mis en place, qui en est à sa 2e année et qui vise à ce que le parc de production palmiers-dattiers devienne un parc riche en variétés, adaptées à leurs régions et capables de satisfaire, selon des normes de qualité requises, toutes les demandes possibles, nationales et internationales. C'est un programme qui est lancé et dont les derniers instruments ont été mis en place, notamment le laboratoire de production de souche et vitro-plante, inauguré hier par Sa Majesté, qui en est l'une des pierres centrales.

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